Une journée de découverte entre randonnée, forêt et filière bois📅 13 juin 2026 – Trièves
Le Circuit Pédestre du Trièves (CPDT) était partenaire de l’animation de la journée consacrée à la mise en place du nouvel itinéraire de randonnée « Le Tour de l’Obiou », sous l’égide de la FFRP de l’Isère.
Étaient également présents : l’Office National des Forêts (ONF), l’association FIBOIS et l’entreprise PERRET (spécialisée dans l’abattage, le débardage et le transport forestier).
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Les ravitaillements étaient assurés par de nombreux bénévoles avec le soutien des communes.
En 1986 débute la « grande enjambée », 6 jours à travers Trièves, Diois, Buech, Matheysine
Grand Petit Arbre
C’est un vénérable centenaire, sans doute à cheval sur trois siècle mais qui ne la ramène pas comme on dit de nos jours. Nous sommes tous passé devant, enfin, tous ceux qui avait enfilés leurs chaussures de rando et chargé le sac sur les épaules ce premier Avril 2025 au départ des Gallands pour le col du Fays et retour par le tunnel. Personne ne l’a remarqué, y compris votre serviteur. Faut dire qu’il ne dépassait pas la hauteur des genoux. On verra pourquoi. C’est en triant mes photos le soir qu’il m’a sauté aux yeux.
Le 20 juin 1886, paraissaient dans « Le Dauphiné », en fin d’éditorial, les quelques phrases qui suivent.
« Le Mont-Aiguille a été heureusement escaladé, le 15 juin, par M. J. Durand-Savoyat ; cet ascensionniste hardi, qui avait déjà fait en Amérique ses preuves comme grimpeur, a eu la gracieuse attention d’adresser à l’auteur des Lavandières du Mont-Aiguille, un bouquet des fleurs qui embaument, en ce moment, la cime de cette féérique montagne. Notre compatriote a trouvé là une délicate manière d’annoncer sa grimpade, et, pour ma part, je préfère beaucoup les pensées du Mont-Aiguille au procès-verbal un peu trop prosaïque du notaire de Charles VIII. »
La manière était d’autant plus délicate que l’auteur destinataire était non seulement une autrice, mais la rédactrice en chef du « Dauphiné » : Louise Drevet. L’attention, dûment remarquée, ne pouvait qu’ouvrir les colonnes du journal aux récits du galant ascensionniste. C’est chose faite dans le numéro du 11 juillet 1886, sous la forme d’une lettre « à Monsieur le Directeur du Dauphiné ».
« En apprenant que je faisais des préparatifs pour tirer un feu d’artifice, le 14 juillet, sur le Mont-Aiguille, vous m’avez prié de vous écrire les détails de mes ascensions de l’année dernière.
Je m’exécute avec regret puisque l’opération que j’ai à vous raconter n’a pas réussi, ‒ notre feu d’artifice fut noyé à 2097 mètres au-dessus du niveau de la mer, ‒ et il est peu agréable de raconter des expéditions manquées.
Parti de Clelles, le 9 juillet, à midi, avec un Américain de mes amis et le guide Barthélémy Chrétien, dans l’intention de faire le tour de la base du rocher de l’Aiguille et reconnaître le terrain sur lequel je voulais opérer le 14, nous arrivâmes à 3 h. à la Fontaine des Bergers, qui se trouve au pied du rocher, en face de Richardière. Après une demi-heure de repos, consacrée à prendre quelques croquis des montagnes environnantes et de l’étonnant panorama que nous avions devant les yeux, nous fîmes le tour du rocher, côté sud ; arrivés à l’endroit où le Club Alpin a fait poser le premier anneau, Barthélémy me dit de l’air d’un homme à qui les Messieurs gantés n’en imposent pas et sous lequel perçait cette fine ironie des paysans :
‒ Voilà, Monsieur James, où commence la montée.
Monsieur James qui désirait d’entraîner répondit au guide : Eh bien, mon ami, si vous le voulez, nous monterons un peu « pour voir ».
Barthélémy, fier comme un guide, ne se fit pas répéter l’invitation et enjamba rapidement le premier obstacle. Après cinq minutes d’escalade, il fut nécessaire de se débarrasser de tout ce qui gênait : bâtons, gourdes, boîtes à herbes, albums, etc. À cinquante mètres, mon camarade s'assit, me fit un beau discours, admira le Grand-Veymond, les montagnes du Vercors, combien l'on était heureux de vivre avec une si belle nature pour compagne. Mais dans sa péroraison, il déclara qu'il était trop tard pour continuer à monter, que l'on n'était pas venu pour grimper toujours et, somme toute, qu'il était absurde de risquer de se casser les reins sans aucun profit pour l'humanité ; que d'un autre côté, souffrant du bras gauche, il s'arrêtait là et m'invitait à ne pas persévérer.
Je félicitais mon compagnon sur son éloquence, je compatis à ses souffrances, je l'engageais vivement à redescendre jusqu'aux effets que nous avions laissés plus bas, de prendre l'album et de croquer un beau paysage, pendant que Barthélémy et moi continuerions à reconnaître les passages ‒ et nous nous remîmes en marche. Arrivés au grand couloir, le guide s’arrêta, et d’un air sérieux alors, me demanda si je voulais encore aller plus haut.
‒ Allons toujours, répondis-je.
Une fois au bout du câble, Barthélémy, alors très sérieux, me fit observer qu’il se faisait tard.
‒ Allons toujours, lui dis-je.
Bref, une heure et quart après être partis de la Fontaine des Bergers, nous étions sur la plate-forme du Mont-Aiguille.
Ainsi que le racontent tous ceux qui ont fait ce voyage aller et retour, un point de vue magnifique récompense le touriste de ses peines.
La descente est vraiment périlleuse ; la nécessité de descendre en regardant le précipice (il n’est pas possible de descendre à reculons), la rend dangereuse pour tout le monde et absolument impraticable pour les personnes craignant le vertige. Je l’ai faite cette fois en 1h. 1/4.
Mon ami l’Américain m’attendait, plongé dans la plus vive inquiétude, il n’avait guère pu descendre plus d’une dizaine de mètres ; s’étant trompé de passage, il se trouvait dans un endroit où il ne pouvait plus ni avancer ni reculer ; nous le tirâmes à grand’peine de ce mauvais pas, car nous n’avions pas le moindre bout de de corde…
À 7h. 1/2, je prenais à la gare de Clelles la diligence de Mens qui me ramenait chez moi.
Je ne sais pas si, par ma présence profane, j’ai troublé le sommeil des fées et des Lavandières du Mont-Aiguille, mais ce que je puis assurer, c’est que dans la nuit du 9 au 10 juillet 1885, elles n’ont pas troublé le mien.»
Le signataire de ce récit enlevé est James Durand-Savoyat (1849 ‒ 1914). Lancé en politique à son retour d’Argentine, à l’instar de son père et de son oncle, il sera député de 1889 à 1893. Cela nous permet d’en savoir plus à son sujet. La biographie suivante est parue dans « Le Matin » du 10 octobre 1889.